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Barack Obama a fait comprendre qu’il n’a pas changé d’avis sur la réalité du génocide arménien
Publié le : 07-05-2009

mardi7 avril 2009, par Stéphane/armenews

Le président américain Barack Obama a demandé lundi, en visite en Turquie, un renforcement des liens déjà « solides » avec cet allié musulman des Etats-Unis, et a encouragé le processus de normalisation de ce pays avec l’Arménie.

« Nous voulons progresser sur des bases solides dans nos relations avec la Turquie », a-t-il dit lors d’une conférence de presse avec son homologue Abdullah Gül, au terme de leurs discussions.

« Nous avons observé une amélioration progressive des relations turco-américaines » en dépit d’un refroidissement en 2003 lorsque la Turquie s’était opposée à l’occupation américaine de l’Irak, a-t-il souligné. Mais, a-t-il fait valoir, « je ne pense pas qu’elles se sont jamais détériorées au point que nous ne soyons plus amis ou alliés. Ce que j’espère, c’est bâtir sur ce qui est une base déjà solide ».

Pour visiblement ne pas froisser un pays géostratégique, situé entre l’Europe, le Caucase, les Balkans et le Proche-Orient, M. Obama, tout en faisant comprendre qu’il n’avait pas changé d’avis sur la question du génocide arménien, a préféré mettre l’accent sur les discussions actuelles entre Ankara et Erevan.

Après sa rencontre avec le Président turc et après une déclaration à la presse, Barack Obama a invité Christi Parsons du Bureau de Washington du Chicago Tribune à poser une question. Chrisi Parsons a déclaré “ Comme Sénateur américain, vous avez été au côté de la communauté arméno américaine dans leur appel à la reconnaissance par la Turquie du Génocide arménien. Et vous avez aussi soutenu le passage de la résolution sur le génocide arménienne. Vous avez dit comme Président que vous reconnaitrez le génocide. Ma question est la suivante : Avez-vous changer d’avis ? Et avez-vous demandé au Président Gul de reconnaître le génocide par son nom ? ”

Debout à côté du Président turc Abdullah Gul à Ankara, Barack Obama a dit « Mon opinion est publique, et je n’en ai pas changé » ajoutant il faut « surmonter le passé après les évènements de 1915 ».

« Je veux aujourd’hui mettre l’accent non sur mes opinions personnelles, mais sur les opinions des peuples turc et arménien. S’ils peuvent avancer... le monde entier doit les encourager » a-t-il dit, en réponse à une question.

« Ce dialogue pourrait très vite porter ses fruits en vue d’une normalisation des relations entre les deux pays » a-t-il assuré lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue turc, Abdullah Gul.

« Les Etats-Unis veulent contribuer à la poursuite du dialogue entre les deux pays et les Etats-Unis ne veulent aucune déviation dans ces entretiens » a-t-il précisé. La Turquie et l’Arménie voisines n’entretiennent pas de relations diplomatiques mais sont engagées dans un processus de discussions visant à une normalisation. La Turquie avait exhorté M. Obama à ne pas reconnaître le génocide arménien le 24 avril à l’occasion du 94e anniversaire des événements survenus entre 1915 et 1917, sous l’empire ottoman, et que les Turcs nient catégoriquement.

M. Gül a pour sa part remercié M. Obama pour avoir, dimanche à Prague, défendu l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, en dépit de l’opposition de plusieurs pays dont la France.

Abdullah Gul a appelé la question arménienne « de question en grande discussion, » ajoutant « ce n’est pas un problème politique mais historique. » « Nous devrions laisser les historiens s’occuper de ceci. Nous sommes prêts à faire face aux faits » a conclu Abdullah Gul ;

« Je sais qu’il y a des points de vues forts dans cette chambre sur les événements épouvantables de 1915 » a dit Barack Obama plus tard dans un discours devant le Parlement turc. « Et il y a eu beaucoup de commentaire sur mon avis, mais c’est vraiment aux peuples turc et arménien de traiter avec le passé ».

M. Obama a qualifié les relations entre la Turquie musulmane et son pays à prédominance chrétienne de "partenariat modèle" pouvant servir d’exemple. Le président a entamé son programme à Ankara par une visite au mausolée du fondateur de la Turquie, Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), qui a donné naissance en 1923 à une République laïque sur les cendres de l’empire ottoman, une vision tournée vers l’Occident que le président américain a tenu à souligner.

Après un discours au Parlement, M. Obama est attendu à Istanbul, où il rencontrera mardi les chefs religieux, puis un groupe d’étudiants, et visitera deux mosquées. Les relations tendues avec Washington en 2003 se sont petit à petit améliorés, les Etats-Unis fournissant des renseignements à l’armée turque pour déloger les séparatistes kurdes repliés dans le nord de l’Irak. M. Obama a ainsi souligné devant la presse que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit) figurait dans la liste américaine des organisations terroristes. Lors de sa tournée, M. Obama a réclamé de ses alliés l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, où la Turquie a 900 hommes. Ankara ne souhaite pas pour l’instant aller au-delà.

Un millier de personnes, membres pour la plupart de petits partis de gauche, ont manifesté dans la matinée pour dénoncer la politique américaine en Irak et en Afghanistan, scandant "Yankee go home", a rapporté la chaîne d’information NTV.

Dans une manifestation distincte, 15 personnes qui voulaient défiler jusqu’au Parlement où devait parler M. Obama, ont été interpellées, selon la chaîne.




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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